"Si Airbus maintient la probabilité de ne pas travailler avec Dassault, le projet est mort", a tranché le patron de Dassault.
Éric Trappier à Cergy, le 23 septembre 2025. ( AFP / THIBAUD MORITZ )
"Nous respectons à la lettre nos engagements. C'est Airbus qui ne respecte pas l'équation du début". Le PDG de Dassault, Éric Trappier a accusé, mercredi 4 mars, Airbus de mettre en péril le projet d'avion de combat européen Scaf.
"Si Airbus maintient la probabilité de ne pas travailler avec Dassault, le projet est mort", a déclaré Éric Trappier au cours d'une conférence de presse à l'occasion de la présentation des résultats annuels.
Alors que l'idée d'une solution à deux avions s'installe progressivement, évoquée en février par le patron d'Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne dans le Scaf, "la France ne supporte pas l'idée d'avoir deux avions" , a dit Éric Trappier. Les Européens "ont intérêt à avoir un modèle commun", a maintenu le président Emmanuel Macron lors d'une visite en Inde le 19 février.
Besoins divergents
Dassault et Airbus s'opposent depuis des mois sur le pilotage industriel du projet, au point de menacer l'avenir même du programme de Système de combat aérien du futur (Scaf) lancé en 2017.
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est déjà publiquement interrogé sur la pertinence du projet. "Les Français ont besoin (...) d'un avion capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions. Ce n'est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l'armée allemande ", a dit le chancelier dans le podcast allemand Machtwechsel. "La question qui se pose maintenant est la suivante : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d'exigences différents, ou seulement un seul ?", a-t-il demandé.
"On a des frictions entre les entreprises. C'est la vie des affaires. Est-ce que ça doit décider de la stratégie des États ? La réponse est non", a répondu Emmanuel Macron. "Est-ce que c'est la meilleure utilisation de notre argent que de faire plusieurs avions ? On a besoin d'avoir un standard européen", a-t-il martelé.
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